10 novembre 2009
Event horizon : le vaisseau de l'au-delà *
Un film de Paul W.S. Anderson (UK/USA - 1998) avec Laurence Fishburne, Sam Neill, Joely Richardson, Kathleen Quinlan
Voilà un bon gros nanar, comme sait si bien les faire l'ami Anderson. Rappel de la définition du nanar : navet aux ficelles si grosses que cela devient comique, ce qui n'était pas le but au départ.
Nous sommes à bord d'un vaisseau, à la recherche d'un autre, disparu 7 ans auparavant et qui a mystérieusement donné signe de vie. Le professeur Weir, qui avait conçu l'appareil, est là, forcément, tout fiévreux à l'idée de récupérer son bébé. On nous explique alors que l'engin avait dû être englouti dans un trou noir (ces étranges phénomènes spatiaux, absorbeurs surpuissants de tout ce qui passe alentour). Certains astro-physiciens (c'est vrai) suggèrent que ces trous noirs pourraient mener à des univers parallèles. C'est le cas. Le bon vieux Event horizon revient... de l'enfer. Mais que va-t-il se passer ? Wow.
Un scénario réduit à sa plus simple expression, un chef décorateur qui avait fumé la moquette, du ketchup qui gicle partout, des zombies sur lesquels la caméra ne traîne pas, donc même pas peur, un Laurence Fishburne affublé d'un casque avec deux petites lumières de chaque côté, du plus bel effet...
Grotesque et... réjouissant.
09 novembre 2009
Heat ***
Un film de Michael Mann (USA - 1995) avec Robert De Niro, Al Pacino, Ashley Judd, Val Kilmer, Jon Voight, Amy Brenneman, Ted Levine, Diane Venora
Un polar superbe, brillant, avec des personnages rudes mais extrêmement attachants. Un très bel affrontement entre le méchant, De Niro, et le gentil, Al Pacino, qui combattent chacun dans une cour différente mais ont une sorte d'estime, de compréhension réciproque, chacun ayant son côté sombre et son côté chevaleresque. Et, ce qui est rare dans les films policiers, de très beaux personnages féminins, qui se battent, aux côtés de leurs hommes, pour tenter d'apaiser leurs démons et de vivre une vie "normale".
Neil fomente des gros coups, mais il a un principe : ne pas faire de dommages collatéraux. Il privilégie les butins qui seront entièrement remboursés aux victimes par les assurances et quand il a des otages sous sa responsabilité, il veille à ce que ses hommes ne leur fassent aucun mal. Mais un jour, la mécanique tourne mal. Dans l'équipe, un nouveau, Waingro, a été embauché ; mais c'est un électron libre, psychotique, violent, et il tue sans état d'âme. Neil ne peut accepter ; il doit éliminer Waingro. Mais celui-ci réussit à s'enfuir et, n'ayant pas eu sa part, se venge en livrant aux flics le prochain objectif de Neil et sa bande.
C'était son dernier coup, à Neil. Ensuite il voulait s'installer à l'étranger et vivre tranquillement, auprès de sa nouvelle fiancée, une femme comme il n'en attendait plus...
Mais le lieutenant Vincent Hanna s'est juré de le prendre...
C'est long (2h40), mais on savoure chaque seconde. Palpitant, étonnant. Les psychologies des personnages sont extrêmement bien travaillées ; ça les rend très humains et on tremble pour chacun d'entre eux, même les méchants ! Sauf le vilain Waingro évidemment...
A voir absolument.
Une question : pourquoi ça s'appelle Heat (chaleur) ?
08 novembre 2009
Gangs of New-York ***
Un film de Martin Scorsese (Italie/UK/Allemagne/Pays-Bas/USA - 2003) avec Daniel Day-Lewis, Leonardo Di Caprio, Cameron Diaz, Brendan Gleeson, John C. Reilly, Henry Thomas
Magnifique. Etourdissant. Prenant du début jusqu'à la fin. Martin Scorsese nous conte, avec le talent qu'on lui connait, un épisode méconnu de l'histoire de sa ville, New-York. Daniel Day-Lewis est complètement allumé, tout comme on aime, et Leonardo lui tient tête. Un duel fascinant.
1846. New-York est devenue une grosse métropole et attire toujours plus d'immigrants. Les natifs qui, comme leur nom l'indique, sont nés sur le sol américain, s'estiment prioritaires sur ces nouvelles populations, principalement irlandaises, qui arrivent d'Europe et viennent empiéter sur leurs territoires. Tout ce melting-pot se divise ainsi en gangs rivaux. Le petit Jack Amsterdam voit son père mourir sous ses yeux, tué par Bill le Boucher, chef incontesté des Natifs qui règnent par la terreur sur le quartier de Five Points. Jack est envoyé en maison de redressement. Mais il n'oublie rien et, une fois adulte, revient pour venger son père.
Il se glisse dans le proche entourage de Bill, devient son protégé et tombe amoureux de sa fille adoptive. Difficile de devoir trahir celui qui le considère désormais comme un fils...
Lorsque Bill va comprendre qui est réellement le jeune Jack, les deux hommes vont s'affronter au cours de violentes émeutes qui ravagent la ville : outre les guerres de clans, la misère, et l'armée américaine qui enrôle à tour de bras pour envoyer de la chair à canon sur le front contre les états du sud (guerre de Sécession), la population est excédée et le manifeste.
Ces émeutes ont bien eu lieu (Draft Riots), en 1863, mais Bill Poole, qui a inspiré le personnage du Boucher, était mort un peu avant. Amsterdam, lui, est fictif.
Tout est parfait dans ce film, l'intrigue, la mise en scène, les comédiens, les costumes, la reconstitution historique détaillée...
Un chef-d'oeuvre.
Chers lecteurs
Sur Billy Elliott :
LEA, IDEYVONNE, EIRIAN : D'accord avec vous ! Un film formidable, avec une bande son géniale... et un beau message pour les parents !
Sur Match point :
LEA : Tu n'aimes pas trop Woody Allen, je crois ? Celui-ci, tu devrais tenter, il est de facture très classique, pas trop bavard, pas parano, pas du tout new-yorkais.
Sur Eternal sunshine of the spotless mind :
LEA : Tu as raison, MERVEILLEUX ! Mais un peu compliqué à suivre parfois...
07 novembre 2009
Hors de prix **
Un film de Pierre Salvadori (France - 2006) avec Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Jacques Spiesser, Vernon Dobtcheff
Assez sympathique, mais guère original. Ceci dit, comment les Anglais et les Américains arrivent-ils donc à faire, eux, des comédies sentimentales réussies à partir de scénarios qui, finalement, sont tout aussi convenus ? Peut-être justement parce qu'ils vont à fond dans la caricature : le milliardaire et la prostituée, la trentenaire célibataire maladroite, la star internationale et le libraire timide... et y rajoute beaucoup beaucoup d'humour et de charme (choix des acteurs).
Ici, nous avons un Gad Elmaleh triste comme un cocker battu et une Audrey Tautou squelettique, qui se balade à poil sous ses robes (ils ne font pas de string en taille 12 ans)… Franchement, ils ne nous font pas fantasmer. Julia, en cuissardes et perruque blonde est autrement plus sexy ! Et pourtant, on ne se demande pas un seul instant si elle a ou pas une culotte ! Parce que quand elle sourit… on est dans les nuages et on tombe par terre.
Et c’est ça qui manque : la magie des acteurs, les mimiques craquantes d’un Hugh Grant, l’assurance d’un Richard Gere, le sourire éblouissant de Julia…
Ils ne sont pas mauvais, c’est pas ça. Mais ils sont bof. Alors avec un scénario téléphoné et des gags franchement au compte-goutte, ça ne suffit pas pour faire un grand moment de bonheur.
Irène, jeune femme en quête de mari milliardaire, écume les hôtels de luxe et croise le chemin de Jean, barman… qu’elle prend pour un riche client. Ebloui par la jeune femme, il ne dément pas. Lorsqu’elle découvre la vérité, elle prend immédiatement la fuite. Jean devient à son tour just a gigolo. Parce que l’occasion se présente et qu’il n’a plus un kopek. Il croise de nouveau Irène, qui s’amuse de le voir désormais faire le même « métier » qu’elle et lui trouve finalement beaucoup de charme… Alors, craquera ? craquera pas ?
Regardable, mais rien de transcendant, vraiment.
06 novembre 2009
Amen **
Un film de Costa Gavras (France/Allemagne/Roumanie - 2002) avec Mathieu Kassovitz, Michel Duchaussoy, Ulrich Mühe, Ulrich Tukur
L'histoire effroyable de l'homme qui a conçu, sans savoir à quoi il était réellement destiné, le gaz pour les chambres de la mort des Nazis et sa luttte, lorsqu'il le découvre, pour prévenir le Vatican, seul poids lourd mondial capable d'alerter toutes les opinions. Il est aidé par un jeune jésuite. Tous deux paieront évidemment très cher ce combat, sans que l'église ne se bouge plus que ça... Epouvantable.
Le thème est très fort et très chargé émotionnellement. Mais la mise en scène est trop popotte, bavarde, accumulant sans cesse les allers/retours des uns et des autres d'un endroit à un autre (adapté d'une pièce de théâtre... forcément, ça donne toujours un résultat trop statique). Après les scènes bouleversantes du début, et malgré l'intérêt du sujet, on s'ennuie un peu.
Quel dommage.
05 novembre 2009
Billy Elliott ***
Un film de Stephen Daldry (UK - 2000) avec Jamie Bell, Gary Lewis, Charlie Hardwick
Emouvant et drôle, voilà le genre de films que j'adore.
Billy, onze ans, fils et frère de mineurs en grève, prend des cours de boxe, sans conviction. Une idée de son père. Un jour, suite à des problèmes de salles, le cours de danse des filles s'installe temporairement près des rings. Et Billy est fasciné. Il traîne, il observe, il essaie et il est vite remarqué par la professeur de danse, qui voit rapidement en lui un énorme potentiel.
Billy se passionne totalement, et troque en cachette ses gants de boxe contre des demi-pointes. Lorsque son père découvre tout, il est furieux. Un garçon ne fait pas de danse ! Et encore moins un fils de mineur. Billy est désespéré et sa prof essaie de convaincre le père : l'enfant est vraiment doué et elle voudrait l'inscrire à une audition pour entrer dans une grande école de danse à Londres. Pas question.
Alors Billy, furieux, enragé, pour provoquer son père, se met à danser devant lui, à danser, à danser, à danser... Stupéfaction. Et si l'avenir de Billy se jouait là ?
Le môme est extraordinaire, la musique est super (vieux standards britanniques des années 70/80), un film formidable qui donne envie de claquer les parents qui s'opposent aux vocations de leurs enfants.
04 novembre 2009
Eternal sunshine of the spotless mind ***
Un film de Michel Gondry (USA - 2004) avec Jim Carrey, Kate Winslet, Mark Ruffalo, Kirsten Dunst, Elijah Wood
Une belle histoire, très étrange et fascinante. Il faut s'accrocher et suivre, ce n'est pas facile, mais une fois qu'on est parti dans ce voyage, on en apprécie chaque minute. Je ne suis pas très fan du travail de Michel Gondry, son univers est trop kaléïdoscope-kitsch pour moi, mais ce film-là, je l'aime. Jim Carrey, qui pour une fois ne fait pas le pitre, est extrêmement émouvant et Kate Winslet... ben c'est Kate Winslet, elle est divine.
Joel rencontre Clémentine. C'est le coup de foudre. Il est timide et introverti, elle est impulsive et extravagante. Pas facile de trouver un terrain d'entente, malgré leur attraction réciproque. Leurs disputes finissent par avoir raison de leur amour et ils se séparent. Jim tente d'aller la voir, une dernière fois, sur son lieu de travail mais elle ne le reconnait pas. Un jour, en rentrant chez lui, il trouve dans sa boîte un curieux message d'une société qui confirme qu'il a été "effacé" de la mémoire de Clémentine, sur la demande de cette dernière, et qu'il ne faudra plus jamais prononcer son nom devant elle.
Furieux, et intrigué, il prend rendez-vous avec cette étrange entreprise. Le bon docteur se confond en excuses. Jamais il n'aurait dû recevoir cette lettre, destinée aux amis de Clémentine, pas à son ex. Une regrettable méprise. Il lui apprend que l'activité de la maison est d'effacer les souvenirs douloureux. Alors Jim décide de le faire pour lui aussi...
On lui demande de raconter toute son histoire avec Clémentine et d'apporter tous les objets qui peuvent lui rappeler la jeune femme. Puis, chez lui, une équipe vient l'endormir et commence à effacer. Mais le technicien batifole avec sa petite amie et ne surveille pas trop les appareils. Et Joel, dont l'activité cérébrale reste en éveil, alors que les souvenirs de Clémentine s'effacent un à un, se remémore aussi pourquoi il l'aimait tant et, du fond de son inconscient, il regrette sa décision. Il décide alors de lutter contre l'ordinateur. Dans ses "rêves", son esprit retrouve celui de Clémentine et invente de nouveaux souvenirs pour empêcher les machines de faire leur travail...
Clémentine, de son côté, qui a oublié Joel, est courtisée par un jeune assistant du docteur. Il l'a vue, est tombée amoureux d'elle et comme il n'est pas très doué comme dragueur, il se sert des souvenirs dont Joel s'est débarrassé pour émouvoir la belle.
Clémentine est évidemment troublée de toute cette agitation autour d'elle, le souvenir de Joel lui revient...
Leurs deux exprits vont-ils retrouver l'amour dans ce grand voyage onirique et télépathique... Réussiront-ils à échapper aux ordinateurs du docteur ?
Une merveilleuse histoire d'amour.
Chère lectrice
Bonjour Léa ! Merci d'être passée et de sauver l'honneur d'une pauvre blogueuse sans lecteurs...
03 novembre 2009
Match point ***
Un film de Woody Allen (USA/UK - 2005) avec Scarlett Johansson, Jonathan Rhys-Meyer, Emily Mortimer
Ah qu'il est bon, ce Woody ! Pour décortiquer l'âme humaine, y a pas mieux. Des personnages ordinaires, comme vous et moi, des événements tout aussi ordinaires ou presque... et puis la petite étincelle tordue qui s'allume et transforme les vies en tragédies antiques.
La chance. Ceux qui en ont, ceux qui n'en ont pas. L'ironie du sort. Etre là où il faut au bon moment, ou bien au mauvais moment à la seconde où il fallait éviter. Tout le film se joue là-dessus.
Chris est un jeune homme, issu d'un milieu modeste, mais ambitieux... et chanceux. Il est prof de tennis et il se lie d'amitié avec Tom un type de son âge qui l'introduit dans son milieu BCBG, fric, théâtre, opéra, belles voitures et week-ends au manoir. La soeur de Tom tombe amoureuse de Chris, et le père, qui le trouve sympathique, lui donne un job en or.
Nola, elle, a moins de chance. Elle est la fiancée de Tom. Elle cherche désespérément à devenir actrice mais échoue à tous les castings, ce qui exaspère sa future belle-mère : son fils mérite mieux que cette Américaine qu'elle trouve vulgaire. Chris se prend de passion pour Nola, mais elle refuse de s'embarquer dans cette aventure : ils sont fiancés tous les deux. Chris se marie... et ironie du sort, Tom se lasse de Nola, pour épouser une fille de son milieu.
Nola peut alors vivre sa passion avec Chris... mais lui demande de quitter sa femme. Chris devra faire un choix entre son épouse et la vie luxueuse qui va avec, et Nola, une petite rien du tout, même si elle est infiniment sexy...
Un super beau film sur la noirceur de l'âme humaine et les coups du sort.