25 novembre 2009
Mensonges et trahisons et plus si affinités *
Un film de Laurent Tirard (France - 2003) avec Edouard Baer, Marie-Josée Croze, Clovis Cornillac, Alice Taglioni
Complètement creux et inintéressant.
Raphaël est "nègre" chez un éditeur, c'est-à-dire qu'il rédige les livres des autres. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Kevin, star du football, qui veut écrire ses mémoires, dont la petite amie n'est autre que le grand amour de sa jeunesse.
Voilà un scénario super riche, super intelligent, super original.
Je blague.
Un film totalement inutile.
Chers lecteurs
Sur Un monde parfait :
ERIAN : On est d'accord !
Sur Shaun of the dead :
ULTIMATOM : Ca doit être un truc de garçons, les films d'horreur... Je ne suis pas très fan (le fantastique, oui ; l'horreur gore, moins), même en parodie...
24 novembre 2009
Hard candy ***
Un film de David Slade (USA - 2006) avec Patrick Wilson, Ellen Page
Un thriller formidable, stupéfiant, qui ne nous laisse pas une seconde de répit. Et pourtant, c'est un simple huis-clos à deux personnages dans un appartement. Mais c'est brillant, parfaitement orchestré, avec une mise en scène de caractère et des acteurs épatants, surtout la petite Ellen Page, dont le visage se transforme d'une seconde à l'autre en ange ou en démon.
Hailey fait la connaissance via un chat sur Internet d'un homme avec lequel elle échange des propos quelque peu ambigus. Elle lui donne RV et accepte de le suivre chez lui. Mais elle est prudente, elle a son téléphone portable pour appeler sa soeur, et lorsqu'il lui tend un verre, elle lui répond sagement "Je n'accepte pas une boisson d'un inconnu, si je ne l'ai pas vu la préparer devant moi". Jeff s'exécute. La gamine est délurée, délicieuse, maline. Et puis soudain...
"La récré est finie, Jeff..."
Jeff se réveille ligoté. Hailey avait mis une drogue dans son verre à lui ! Il ne comprend pas, il se débat. Mais Hailey est implacable. Elle l'accuse d'être un pédophile et elle veut venger les petites filles à qui il a fait du mal.
Et elle ne fait pas dans la dentelle. Proche de la folie, elle m'a rappelé le personnage d'Erica dans A vif. Se faire justice soi-même n'est en aucun cas une solution ; elle rend aussi inhumain que l'assassin. Et dans les deux films, on nous montre bien que les héroïnes ne sont pas bien dans leur tête. Heureusement !
Un combat de névrosés brillantissime. L'allégorie du petit chaperon rouge qui se venge du loup, visible sur l'affiche, est bien trouvée.
A ne pas rater.
23 novembre 2009
Un monde parfait ***
Un film de Clint Eastwood (USA - 1993) avec Kevin Costner, Clint Eastwood, Laura Dern, T.J. Lowther
Bouleversant... chaque fois que je le vois je finis en larmes !
Butch s'est évadé de prison avec un co-détenu qu'il n'apprécie guère. Au premier obstacle, l'affaire tourne mal et le duo prend en otage un petit garçon de 8 ans, Phillip. Et Butch élimine son compagnon, une brute débile, qui veut se débarrasser de l'enfant.
C'est le début d'une longue cavale, un road-movie qui verra naître une affection grandissante entre un voyou, qui a plutôt joué de malchance que de vice, et d'un petit garçon qui a grandi sans père et trouve dans cet homme une figure à admirer. On est désarçonné car on devrait détester Butch, qui est un bandit... mais on sait ce qu'il a vécu, on sait que son coeur n'est pas mauvais... alors on se prend à l'aimer nous aussi. Tout comme le petit Phillip.
Mais dans ce monde parfait, les méchants sont les méchants, les bons sont les bons, et les petits garçons ont juste le droit d'obéir...
C'est plein de tendresse et de chagrin, d'humanité et de bêtise, de moments cocasses et de choix tragiques...
C'est du grand Clint, quoi.
22 novembre 2009
Prédictions ***
Un film de Alex Proyas (USA - 2009) avec Nicolas Cage, Rose Byrne, Chandler Canterbury, Phil Beckman, Nadia Townsend
Un bon film d'anticipation, avec un début plutôt original. Dommage que la fin soit un peu bâclée, brouillonne, kitsch, idéaliste, super cliché. Et Nicolas Cage ne s'arrange pas trop... de film en film, il fait toujours cette même tête depuis des années, genre le-monde-m'est-encore-tombé-sur-la-tête et ça devient agaçant.
1959. Dans une école, les enfants sont invités à dessiner le monde tel qu'il l'imagine 50 ans plus tard, puis leurs oeuvres sont enfermées dans une boîte, laquelle est enterrée dans la cour. Elle ne sera ouverte que dans 50 ans. Très belle idée.
2009. L'école va déterrer la fameuse boîte et tout le monde est fébrile et impatient. On distribue les enveloppes aux enfants, chacun découvre avec amusement ce que son petit alter ego a dessiné il y a 50 ans. Mais le jeune Caleb tombe sur une feuille bien étrange, couverte recto verso de chiffres... Lorsqu'il la voit, très intrigué, son père John, astro-physicien, ne peut s'empêcher d'y chercher une signification logique. Et il la trouve : tous ces chiffres sont les dates, le nombre de victimes et les lieux (longitude latitude) de toutes les catastrophes survenues dans les 50 ans écoulés. Et il en reste encore quelques unes... John fait alors face à l'incrédulité de ses pairs et à l'incompréhension de ses proches. Pourtant, il s'avère qu'il a raison : les faits prévus sur la feuille arrivent...
John alors livre le combat de sa vie pour tenter de sauver qu'il y a à sauver. Car la dernière prédiction est très étrange... il semblerait qu'il s'agisse cette fois de l'apocalypse. Comment prévenir et convaincre tout le monde ? Et pourquoi son fils reçoit-il l'étrange visite de créatures évanescentes ?
John se met à la recherche de la petite fille qui, cinquante auparavant, a aligné tous ces chiffres.
Un très bon début, original et surprenant, avec des effets spéciaux spectaculaires, mais malheureusement on retombe assez vite dans le schéma classique du film apocalyptique.
Il n'en reste pas moins que c'est un film très sympa pour tous les amateurs d'anticipation.
Chers lecteurs
EIRIAN : Tout à fait d'accord avec toi sur Kiss kiss bang bang, complètement barré et très amusant, et Farinelli, superbe si on fait abstraction de la réalité historique un peu malmenée.
Si ça amuse certains, sur mon autre blog (architecture), j'ai répondu à un tag cinéma. Cliquez ici pour le voir.
21 novembre 2009
Shaun of the dead **
Un film de Edgar Wright (UK - 2003) avec Simon Pegg, Nick Frost, Kate Ashfield
Il parait que c'est un film culte. Ben pas pour moi. C'est amusant au début, certes, cette parodie de films d'horreur, avec cet humour noir très anglais. Mais ça devient lassant. Pas vraiment inventif. Une histoire de zombies, de la grosse rigolade, un peu de gore, mais en fait il ne se passe pas grand-chose. Il y a plein de clins d'oeil à d'autres films, dit-on... mais sans doute faut-il être super connaisseur en zombies, car moi ça ne m'a pas parlé beaucoup.
Shaun est en colocation avec deux copains et sa petite amie en a marre ; elle voudrait qu'il lui consacre plus de temps plutôt que de passer ses soirées au pub avec ses potes, à boire des bières. Survient un étrange phénomène : des zombies envahissent les villes et s'attaquent aux humains qu'ils mordent, les transformant à leur tour en créatures de l'enfer.
Shaun va tout faire pour sauver les siens et prouver à son petit monde qu'il n'est pas qu'un buveur de bières.
C'est marrant, sympa, mais ça ne tient pas trop sur la longueur.
20 novembre 2009
Kiss kiss, bang bang ***
Un film de Shane Black (USA - 2005) avec Robert Downey Jr, Val Kilmer, Michelle Monaghan
Sympa et inattendu, un film un peu barré, avec une mise en scène inventive. Situations loufoques, bonnes répliques, acteurs visiblement heureux d'être là... une très bonne surprise. Même ce bon vieux Val Kilmer, qui semblait avoir perdu son talent en même temps qu’il prenait des kilos, est épatant.
Harry vit de petits larcins jusqu'au jour où, alors qu'il essaie d'échapper à la police, il tombe sur une équipe de casting, en train d'auditionner pour un film et le prend pour un candidat. Il se montre si convaincant qu'il est choisi et expédié illico à Hollywood. Alors qu'il ne comprend toujours pas très bien ce qui lui arrive, il est envoyé en stage auprès d'un détective privé, afin de préparer son rôle, et retrouve par hasard son amie d'enfance dont il était éperdument amoureux. Le trio va vivre quelques aventures mouvementées...
Vraiment sympa.
19 novembre 2009
Mortelle randonnée **
Un film de Claude Miller (France - 1983) avec Michel Serrault, Isabelle Adjani, Stéphane Audran, Guy Marchand, Sami Frey
C'est un film étrange, auquel je n'arrive pas à adhérer. On ne comprend pas très bien la relation entre le détective et Catherine. Est-ce vraiment sa fille ? Devient-il dingue et la prend-il pour sa Marie ? Dans son obsession, veut-il la protéger comme si c'était Marie ? Et puis, c'est un peu tiré par les cheveux, cette jeune fille qui change d'identité tous les jours, tout en ayant pignon sur rue (elle vient régulièrement dans le même hôtel... ) ; comment peut-on monter une galerie d'art en quelques jours ? Et ces personnages bizarres, le couple Marchand/Audran, qui sont-ils en fait ?
Quand je ne comprends pas, j'ai du mal à aimer. Normal. Les images sont belles et on se balade dans toute l'Europe. Mais pour moi, la sauce ne prend pas.
Un homme a perdu sa fille, enfant. Il ne s'en remet pas. Elle l'obsède. Il est détective pour une agence privée et sa patronne le met sur une nouvelle affaire : des parents fortunés s'inquiètent pour leur fils qui fréquente une jeune fille dont ils ne savent rien ; ils veulent un dossier. L'homme commence donc sa filature. Et il voit la jolie Lucie jeter le cadavre de son amoureux dans un lac puis s'enfuir avec l'argent qu'elle lui avait demandé de retirer... Il est stupéfait. Comment annoncer aux parents de la victime qu'il était là, à espionner, mais n'a pas pu éviter le drame ? Il suit Lucie... et constate qu'elle change sans cesse de destination, de look et d'identité, et tue tous les hommes riches qu'elle rencontre... D'abord fasciné, il la suit dans cette "mortelle randonnée" et se met à imaginer qu'elle pourrait bien être sa fille.
Le personnage du détective parle tout seul et c'est dérangeant. Est-il aussi névrosé que celle qu'il suit ? Sans doute. Mais cela donne un ton vraiment irréel au film.
Quant à Isabelle Adjani, elle ressemble trop à son personnage de L'été meurtrier, en moins bien : moins naturelle, moins ambiguë. On n'éprouve pas vraiment d'empathie pour elle, elle est trop froide. A noter que les deux films ont été tournés la même année ! C'est curieux qu'elle ait eu envie de ces deux rôles en même temps. A moins que les aléas des dates de tournage ne l'y aient contrainte.
Bof.
18 novembre 2009
Farinelli ***
Un film de Gérard Corbiau (Italie/France/Belgique - 1994) avec Stefano Dionisi, Enrico Lo Verso, Elsa Zylberstein, Caroline Cellier
XVIIIe siècle. L'histoire du castrat Farinelli (son nom de scène) à la voix d'ange, pure comme le cristal, qui enchantait le public de son époque. Il a bel et bien existé, c'était un artiste immense, qui a chanté pour toutes les cours ; par contre le film prend pas mal de liberté en ce qui concerne ses relations avec son frère, avec Haendel et avec les femmes.
En ces temps lointains, pour garder la pureté de la voix d'un jeune garçon, on n'hésitait pas à le castrer. Dans les écoles de chant, on détectait les talents et on les mutilait "discrètement". C'est ainsi que le jeune Carlo Broschi découvre les secrets des adultes. Un de ses amis vient d'être "opéré", sans qu'on ne lui ait rien dit, il crie à Carlo "Arrête de chanter, arrête de chanter, ne les laisse pas faire !", se lance dans le vide et se tue. Alors, le petit garçon, très choqué, arrête de chanter, malgré les injonctions de son père, de son frère Riccardo et de leur professeur, le musicien Porpora...
Quelques années plus tard, nous retrouvons Carlo... qui a conservé sa voix d'enfant. Castrat, il l'est bien devenu. Il a été très malade, lui dit-on. Il tourne dans les théâtres avec son frère, qui écrit un opéra, sans parvenir à y mettre la touche finale. Les deux frères se partagent les filles : Riccardo commence et Carlo "termine" ce que son frère ne peut pas faire... Carlo rêve de chanter pour Haendel, mais ni Porpora ni Riccardo ne veulent laisser échapper leur poule aux oeufs d'or.
Un jour Carlo va apprendre quel rôle Riccardo a réellement joué dans sa vie...
Evidemment, mieux vaut aimer la musique baroque pour apprécier ce genre de film ! Moi j'adore. C'est dans la lignée de Le roi danse, du même réalisateur. L'acteur a été doublé avec plusieurs voix de grands chanteurs et chanteuses lyriques. Tout est magnifique, la voix, la musique, la reconstitution des décors et des costumes.
Superbe. Dommage que la réalité historique n'ait pas été respectée. Pour Le roi danse, Corbiau a été plus respectueux de cet aspect.